Se tenir face à sa contrebasse
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Mais ces déviations légères ne sauraient entamer le principe;
aussi désignerons-nous respectivement sous le nom de lettre
droite, de lettre couchée et de lettre retournée, le premier, le second •
et le troisième signe de chaque triade, qu'ils soient ou non formés
400 LIVRE II. — CHAP. VI.
régulièrement. Ces désignations doivent être rapportées même aux triades de la notation vocale, bien qu'elles n'aient ici qu'un sens purement conventionnel.
Deux classes de Au point de vue de la notation, les tétracordes se divisent
tétracordes.
en deux classes bien distinctes : 1° ceux dont la note la plus grave correspond à une touche noire de notre clavier, chez les Grecs à une lettre retournée; 2° ceux dont le son le plus grave correspond à une touche blanche de notre clavier, et se rend dans la notation grecque par une lettre droite. — Aucun tétracorde n'est limité, ni au grave ni à l'aigu, par une lettre couchée. —
ut classe. La première classe de tétracordes se note exclusivement par des lettres droites et retournées; elle ne renferme que des intervalles de ton et de demi-ton, et partant des tétracordes du diatonique et du chromatique tendus. Les demi-tons diatoniques sont exprimés par deux lettres différentes, les demi-tons chromatiques par deux formes d'une même lettre, ce qui s'accorde de tout point avec le système adopté dans la notation moderne'.
gS=K? br4----40-12e1 berbe_____Ja=jr9
Voir plus haut, p. 276, note i.
NOTATION INSTRUMENTALE. 405
Cinq échelles tonales ne renferment que des tétracordes de la première classe : l'hypoéolienne eeeer), l'éolienne (leelp,l'hyperéolienne et l'hyperiastienne (te, enfin l'iastienne
Tori HYPOÉOLIEN (depuis la preslambanomine jusqu'à la enèse).
3 Fi h 3 r 3Rhri r
, H
Tex HYPERÉOLIEN (proslambanomène — mèse) ou HYPOIASTIEN (mèse — nète h,yperboléon).
`1:1 CK2.1<E\ `1R CDA<>-\
TON IASTIEN (depuis la Pros/an:bai:orne« jusqu'à la nase).
h 3 i-r\F CK h3I—H'1 FR K
o " 2. classe
Ainsi qu'on l'a déjà vu, les lettres retournées désignent non-, seulement leur note-type haussée d'un demi-ton, amis aussi la première note du groupe suivant baissée d'un demi-ton. Il semblerait dès lors que la notation des échelles diatoniques armées de bémols ne devrait pas offrir plus de difficultés que celles des tons à dièses. Mais il n'en est point ainsi. de tetracordes.
Les tétracordes de la seconde classe, à savoir ceux dont le son inférieur répond à une touche blanche de notre clavier, admettent les trois espèces de signes. Ils forment des échelles enharmoniques et diatoniques. Le signe couché exprime non-seulement la mésopycne enharmonique, ce qui est sa destination spéciale, il s'emploie aussi, sans aucune exception, pour les parhypates et les trites diatoniques. Il résulte évidemment de là que ce mode de notation a été conçu primitivement, non pour le diatonique régulier ou tendu, mais bien pour le diatonique moyen, dans lequel les parhypates et les trites ne sont distantes de la corde la plus grave du
401 LIVRE II. — CHAP. VI.
tétracorde que d'un diésis enharmonique'. Tandis que les tétracordes diatoniques de la première classe sont rendus par quatre lettres distinctes, ceux de la seconde renferment toujours deux formes de la même lettre.
Tétracordes diatoniques. h r rL F C cv n
Les deux petits intervalles qui constituent le pycitunt sont toujours exprimés par les trois formes d'un même caractère.
A l'exception du ton mixolydien, les sept tons principaux ne renferment que des tétracordes de l'espèce dont il vient d'être question, et se notent, dans les genres diatonique et enharmonique; conformément aux règles que nous vinons de donner.
TON IIIPOLYDIEN (de la proslansbanomène à la nase).
H h .c r L F C H h ri rLn c
AC_
Il
fl
12_
1P-
Mais Alypius ne tient aucun compte de ces différences d'intonation : le deuxième signe de chaque groupe est considéré par lui dans le genre diatonique comme homotone dal troisiéme signe. Abstracticin faite de cette particularité, toutes.les échelles décrites jusqu'ici peuvent être considérées comme régulières.
Tétracordes
noté.
irrégubèrement.
404 LIVRE H. — CHAP.
Deux espèces de tétracordes sont notés plus ou moins irrégulièrement. Ce sont, d'une part, les tétracordes chromatiques limités au grave par une touche blanche (2e classe); d'autre part, les tétracordes enharmoniques limités au grave par une touche noire (Ire classe). Voici les règles d'après lesquelles Alypius les a notés : les tétracordes chromatiques dont le son inférieur est une touche blanche se notent par les signes employés pour les tétracordes enharmoniques correspondants; seulement la note supérieure du pycnum est traversée d'une barre. Par l'effet de la barre, la lichanos enharmonique se transforme en lichanos chromatique, en d'autres termes s'élève d'un demi-ton. Mais dès lors les anciens n'avaient pas besoin d'une telle modification, puisque les signes droits et retournés suffisaient déjà pour noter tous les demi-tons imaginables. Une seule hypothèse peut donner l'explication du fait : c'est que la notation chromatique de cette classe de tétracordes aurait été appliquée dans l'origine au chromatique amolli ou à Phéntiole seulement; alors la barre indiquerait un son plus aigu d'un diésis enharmonique que le signe non barré. Il se peut néanmoins qu'une telle notation ait' été choisie uniquement afin de réunir toujours trois signes congénères dans le pycnum.
Tétracordes h .t ri r r Ll c C D <
enharmoniques.
Tétracordes chromatiques.
gdr_h1
NOTATION INSTRUMENTALE. 405
Les tétracordes enharmoniques dont le son le plus grave est une touche noire se notent par les signes du chromatique, sans aucune modification. Il résulte de là que les deux degrés intermédiaires du tétracorde enharmoniqiie — désignés dans l'exemple ci-dessous par des astérisques — sont notés trop haut : le premier d'un quart de ton, le second d'un demi-ton. A moins d'une indication accessoire, il était donc impossible à l'exécutant antique de discerner lequel des genres non diatoniques le compositeur avait voulu employer. Mais deux choses sont à remarquer : I° l'enharmonique n'étant plus en vigueur à l'époque d'Alypius, quelques erreurs ont pu se glisser dans la notation de ce genre; 2° il est douteux que les échelles à dièses, peu usitées à l'époque classique, aient jamais été utilisées pour l'enharmonique.
Tétracordes chromatiques (de la Ire classe) notés régulièrement.
go
* * *
Les tons à dièses (ainsi que le mixolydien) n'ont conséquemment pas, au point de vue de la notation, d'échelle enharmonique; aussi ne les donnerons-nous que sous leurs deux formes normales.
Celui qui aura lu attentivement les pages précédentes, sera en état de noter correctement, une échelle grecque quelconque. Toute la doctrine peut se ramener à quatre règles :
le RÈGLE. Le premier signe de la triade (lettre droite, noire) apparaît sur les quatre degrés du tétracorde; le troisieme signe (lettre retournée, rouge) sur trois degrés, à savoir les deux sons stables et la lichanos (ou paranète); le deuxième signe (lettre cou, chée, bleue) ne se montre que sur un seul degré du tétracorde : la parhypate (ou trite).
vers ace ap J C.
Résumé
50
406 LIVRE II. — CHAP. VI.
1.
Notation vocale.
IIe RÈGLE. Les sons stables, ainsi que les parhypates (et les frites), sont notés de la même manière dans les trois genres'.
HIe RÈGLE. Dans les tétracordes de la seconde classe, le diatonique et le chromatique se servent des parhypates (et des frites) enharmoniques. Réciproquement dans les tétracordes de la première classe, l'enharnionique emprunte les signes propres aux parhypates et aux trites diatoniques et chromatiques.
Ive RÈGLE. Le chromatique et l'enharmonique se servent en outre du même signe pour les lichanos (et les paranètes); c'est toujours un troisième signe (lettre retournée, rouge). Dans les tétracordes de la e classe, le chromatique prend la note enharmonique, traversée par une barre ; dans les tétracordes de la Ire classe, l'enharmonique emprunte le signe chromatique, sans y ajouter aucune marque distinctive. Les deux genres non diatoniques ont conséquemment les mêmes lettres sur tous les degréS de l'échelle.
§ II.
Les notes vocales sont les 24 lettres de l'alphabet grec usuel, employées tantôt droites, tantôt modifiées de diverses manières, mais d'après un système autre que celui de la notation instrumentale. Les caractères se succèdent dans leur ordre alphabétique, sans interruption ni répétition, et de l'aigu au- grave; les signes réguliers sont compris entre FA #3 (ou SOL 53) et FA 2.
45 44 43 40 40 40 39 38 e 36 35 34
A B r A E Z H U I K A M
/ On sait que les parhypates et les frites ne reçoivent aucune désignation accessoire dans la terminologie des genres (voir plus haut, p. am), et qu'Archytas donne à l'intervalle de Phypate à la parhypate une grandeur invariable (p•S23-324).
407
Les 18 premières lettres (A-4, retournées ou tronquées, servent à la notation des six triades inférieures; les six caractères restants (T —14 désignent les deux triades supérieures.
NOTATION VOCALE.
Les règles relatives à l'usage des sons de chaque triade se déduisent de celles que nous avons exposées plus haut. Les lettres droites de la notation instrumentale correspondent aux caractères vocaux r Z I M OC (I) il; les lettres retournées aux caractères A A H Ti N H T X; les lettres couchées enfin aux caractères
E 4 A p , quelles qu'en soient les diverses modifications ou positions. En somme, le signe instrumental étant connu, il suffit de prendre dans le tableau de la notation vocale la lettre désignée par la même couleur et par le même numéro.
. Il nous reste à mentionner les trois notes les plus graves des deux systèmes, à savoir : T (FA ei OU soi, bi), ›-
et 1..tz a (FA /). Créées originairement pour la notation vocale, elles forment au grave une continuation de l'alphabet modifié. Plus tard on les a utilisées, en leur donnant une autre position, pour l'écriture instrumentale, bien qu'elles en troublent, d'une manière fâcheuse, l'ordonnance symétrique=.
Les pages suivantes contiennent, d'après les tableaux d'Alypius, les 15 échelles tonales des néo-aristoxéniens, notées dans les trois genres. Tous les sons exprimés par des signes plus ou moins inexacts, eu égard aux valeurs déterminées sur nos deux grands tableaux, sont marqués d'un astérisque.
z On trouve chez Aristide, p. 27, trois notes de plus au grave, à savoir: ►i (=
X X (= u r) et (=mi 5,). Enfin, une échelle instrumentale publiée par VINCENT (Notices, p. 254 et suiv.) s'étend à un ton au-dessus de la 'tète hyPerbole'on lzyperlydienne (donc jusqu'à LA4, noté par les signes ses, et M').
408 LIVRE II. — CHAP. VI.
ÉCHELLES DIATONIQUES.
TON HYPOÉOLIEN. TC OK
Silences.
Bien que la rhythmique doive être traitée seulement dans le second volume de cet ouvrage, il sera nécessaire, afin de donner une idée complète de l'écriture musicale des Grecs, d'expliquer ici la notation des durées rhythmiques, durées indiquées par des signes placés au-dessus des lettres vocales ou instrumentales.
L'unité rhythmique des anciens, par laquelle se mesurent toutes les durées, et indivisible elle-même, s'appelle temps premier (xpo'Yoç irpeirroç). Elle correspond habituellement dans la poésie chantée à une syllabe brève ; nous la transcrirons en notation moderne par la croche (I'). Selon l'usage suivi par les métriciens, sa durée se traduit régulièrement par le signe %...) , lequel toutefois est omis dans l'énumération de l'écrivain anonyme, en sorte que les notes dépourvues dé tout signe rhythmique sont censées avoir la durée d'un temps premier. Toutes les durées plus grandes sont appelées longues. On en distingue de quatre espèces : I° la longue ordinaire, ayant la valeur de deux temps premiers (mn», txpotioe), elle se rend par le signe _, équivalent de la noire (i); 2° la longue de trois temps (maxpet epIxpoo5.) rendue par le signe —, équivalent de la noire pointée (J.); 3° la longue de quatre temps (iecteptl Terpo'wovog), exprimée par le signe —, équivalent de la blanche (à); 4° la longue de cinq temps (ikompà irevrecxpooç), exprimée par le signe
Les parties de la mesure non remplies par des sons s'appellent chez les anciens temps vides, tempora inania (xpo'vol xevol), chez nous, silences ou pauses'. Le silence en général s'indique par la lettre lambda (A), — employée ici comme abréviation de ?■.eiiccacc, c'est-à-dire reste — laquelle, dans les exemples de l'Anonyme, prend place entre les notes et à côté d'elles. A l'état isolé, le signe A, appelé silence bref (steyag /Sprue, équivaut à un temps premier, en d'autres termes à un demi-soupir M. Quand il doit
z « Le silence est un temps non rempli par un son, et employé à compléter la mesure. « Le leimma (A) est dans le rhythme le silence le plus petit. » ARIST. QUINT.; p. 4o. — Cf. ST Atiousris, de Mus., IV, 2, 53.
NOTATION RHYTHMIQUE. 417
exprimer des durées plus grandes, il se combine avec les signes des diverses espèces de longues, et prend la dénomination de silence long (xavôç pane ), dont il existe trois variétés : z° le silence long ordinaire, ayant la valeur de deux temps premiers (XEIAÇ pctxpb; Sizpooç), et noté ainsi : n ce qui répond à notre soupir (r); 2° le sites long de trois temps (x. p,. -rpixpovoç), exprimé par le
signe uivalent de ri), et 3° le silence long de quatre temps
(x. -reTpoi,x,povoç), rendu par le signe ■-■ (correspondant à notre
demi-pause —)'. Vincent admet aussi un silence de cinq temps
(x. pc. irevreeovog), à savoir "i■ (= r r 1). Parmi les signes de la notation, mentionnons encore le point (errive.)°, qui sert à indiquer le temps fort initial de chaque mesure, et la diastole, l'équivalent de notre point d'orgue3.
Les signes indiquant les silences rhythmiques ne nous sont connus que par des auteurs assez récents. Leur usage ne semblera avoir pris etilmeextension que dans la musique instrument
où de tout temps ils lent été indispensables. Dans la sie
chantée, les règles de la rhythmique et de la métrique suffisaient presque toujours à déterminer la durée des syllabes.
Les petits fragments de musique instrumentale disséminés dans le traité Anonyme — je les donne d'après le texte restitué par Westphal4 — montreront au lecteur comment la notation des durées se combinait avec celle de l'intonation.
Exercice (xiD.or rerecierw.tor).
• • • • • • • • • • • •
F-f LFI-t_rFF-Fr L r F F r F moi'
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311.."Ma 11....111111 Ziffl»11•MI■ZIO1 MIIM»..9M1V+MIIIMI....1ÉIMil11111111
Arvor:. III (Bell., § r, 83).
2 x Or, le temps levé (âpres) s'indique en laissant la note qui représente le son ou le
• silence dépourvue de toute marque, comme ceci et le tempsfraPPé (Cécris), en ponc-
• tuant la note, ainsi » ARON. III (Bell., § 3, 83). — Les termes arsis et thésis
sont intervertis dans ce texte. Je suis l'interprétation de Bellermann (p. ai) et de Westphal (Metrik, I, p. 617).
3 a La figure nommée diastole s'emploie dans la musique vocale ou instrumentale t pour indiquer une pause et séparer les passages qui précèdent de ceux qui viennent
t ensuite. Elle se trace ainsi : ) ou ainsi : if: Atiorr. III (Bell., § rt et Vinc., Not.,
pp. 3i et azo, note r). C'est l'équivalent de la double barre dont nous nous servons pour indiquer les reprises et la fin d'un morceau. Cf. BRYENNE, p. 479.
4 Voir plus haut, p. 4r, note 2.
418 . LIVRE IL — CHAP. VI.
Exercice (x:ZOor iectomFor).
SOLMISATION. 4,9
alphabétiques, les unes et les autres étant également prolixes. Ici encore ils avaient le choix entre deux systèmes. Les monosyllabes employés dans la solmisation peuvent indiquer ou bien des sons à hauteur fixe, — c'est là ce que poursuit la méthode usuelle, sans y atteindre toutefois, puisque chacune de nos sept syllabes doit s'appliquer à quatre ou cinq sons de hauteur différente — ou bien ils peuvent servir à marquer les relations dynamiques des sons. Ceci est le système de la solmisation par hexacordes, critiqué à tort par les musiciens modernes, car il est de beaucoup supérieur au nôtre, le plus illogique, à vrai dire, qui se puisse imaginer; il se retrouve dans le solfége par transposition, dont se servent les partisans de la notation chiffrée. Telle fut aussi la méthode des anciens; seulement, elle procédait, non de l'hexacorde ou de l'octave, mais du tétracorde. Chacun _des sons de l'échelle grecque s'exprimait par une des quatre voyelles a, é (10, ô (w), é (E). La voyelle a était affectée au son inférieur de tout tétracorde; sur le deuxième degré du tétracorde ascendant, on chantait la voyelle ê; sur le troisième degré, ô; enfin sur tout son ayant une disjonction à l'aigu, — proslarnbanomne, inèse, nète synemménon ou hyperboléon — on prononçait la voyelle é'.
Ece.);c W Ger; W E ot-letieeer; e a •7; ce E
LF ctj 9< EuZ Mfr <VNZ
Comme la mélodie, dans les parties chantées aussi bien que dans les ritournelles a (xilAols-), s'apprécie d'après l'analogie qu'elle offre avec les sons des instruments, nous a avons choisi parmi les lettres de l'alphabet les plus aptes à l'exécution du mélos.... Il y a a quatre voyelles qui se prêtent le mieux aux divers intervalles de la voix chantée, et
« que l'on a pu utiliser pour l'émission des sons; mais, comme il fallait en outre une
« consonne, afin que par l'emploi exclusif des voyelles il n'y eût pas d'hiatus, on a ajouté
« la lettre r (t), la meilleure des consonnes.... Le premier son du premier système, à
• savoir de l'octocorde (Meib., tétracorde), est émis au moyen de la lettre E (é), les sons
« suivants au moyen des autres voyelles, prises dans leur ordre naturel, c'est-à-dire le a deuxième au moyen de l'a (a), le troisième au moyen de l'1; (ê), le dernier au moyen a de l'a' (6).... Ceux qui succèdent à ces Unis correspondent avec eux à la consens nance [de quarte], en sorte que la- voyelle é apparaît seulement au commencement
la proslant-
• banoinène. n ARIST. QUINT., p. 91-94. — a Les proslambanomènes des 15 tropes se disent a té (Bell., té), les hypates ta, les parhypates té, les lichanos té, les nese [devant une
« disjonction?) té, les paramèses ta, les triées té, les paranèles 16, la stèle [diéseugménon] ta.» ÂNON. (Bell., § 77, et la note p. 26). — Westphal (Marie, I, p. 477) conjecture avec vraisemblance que l'itacisme régnait déjà à l'époque d'Aristide, et que n1 se prononçait ti, ce qui prévenait la confusion inévitable entre a et 1;. — Cf. VINCENT, Notices, p. 38, note r.
r ANON. (Vioc., Not., pp. 53, 221; Bell., §§ 86-87).
421
Au lieu de t, on intercalait ne entre les deux sons principaux du mélismos, ornement qui se transcrivait ainsi
SOLMISATION.
Mn - nô tan - na té» - né tôn - né ten • né
Le compismos était solfié par les mêmes syllabes et noté de la manière suivante :
Quant au térétisnze, composé des deux figures précédentes2, voici comment il s'exprimait par la solmisation et par l'écriture :
i'5% eu» - Va, rleV - raPV - vw Tay - va ..ens -
F±FxF FxF+F F+FC xC v+vrix
Mn - tés - nô tôn - tôx - nô Mn - nô tan - na •tén - né Mn - né rev - vs ✓te
< X < F Fx F
Un exercice très-étendu, que nous trouvons dans l'Anonyme, montrera l'application de la solmisation antique.
i Pour les trois figures suivantes, j'adopte l'interprétation et la notation de Vincent, Notices, p. 56-57.
2 An«. III (Bell., §§ z et 84, 8-ro et go-92, ainsi que les notes relatives à ces paragraphes). — Westphal suppose que l'usage des syllabes té, ta, té, tô, tan, tôn, etc. existait déjà du temps d'Aristophane, et il croit en reconnattre la trace dans un choeur des Oiseaux (v. 734).
<Z<ELJZ Z< ZuE< 91_19<Ct_t unt-tC<n
L'usage de l'écriture musicale était très-répandu au temps . d'Aristoxène. La polémique du grand théoricien nous apprend non-seulement que, dans leurs Manuels, ses prédécesseurs avaient spécialement la notation en vue, elle nous donne aussi une idée assez nette des particularités de leurs échelles notées. Au delà de cette époque, tout témoignage direct nous fait défaut. Un passage d'Aristide. attribue à Pythagore l'invention des notes musicales et leur donne l'épithète de caractères de Pythagore (o-roteet, IlvOctrydpov)i; mais n'étant appuyé par l'autorité d'aucun écrivain antérieur, il ne saurait inspirer une grande confiance. Nous le répétons, les renseignements d'Aristoxène sont les plus anciens auxquels les documents actuels nous permettent d'atteindre. Mais les signes eux-mêmes ont conservé plus d'un vestige des états successifs qu'ils ont traversés, et à l'aide de ces indications, Fortlage, Bellermann et Westphal ont pu tracer les
ARIST. QUINT., p. 23.
FrIFCv9 9F qL C F Lut-FCL, ut-vC Ft-
rcri_Fc cr F1-Ft_r
§ IV.
52*
Notation
instrumentale.
424 LIVRE II. — CHAP. VI.
linéaments principaux d'une histoire de la notation'. Un examen `détaillé et critique de cette question excéderait le cadre de notre ouvrage. Nous nous contenterons donc de résumer brièvement les faits désormais acquis, en tâchant de les préciser mieux et d'une manière plus complète qu'on ne l'a fait jusqU'à ce jour.
L'analyse la plus superficielle démontre à l'évidence que la notation antique n'a pas été conçue d'un seul jet et que des éléments de dates très-diverses s'y trouvent accolés. La partie la plus récente des deux alphabets est sans contredit celle qui renferme les notes marquées du signe de l'octave (01W-1i'É--=-- si 3—SOL 4); elle n'existait pas encore à l'époque d'Aristoxène. Une autre partie, moins récente, mais ajoutée aussi à une époque où le système primitif n'était plus compris, est la triade la plus grave
(4 n , , 1-3T FAI, SOI /YI , SOLtei ou rAei). Tandis que dans
tout le reste de l'échelle générale les deux systèmes ont des signes entièrement distincts, ici les instruments se servent des notes vocales, autrement disposées. Si nous retranchons encore ces trois notes, il reste en tout seize groupes ternaires de notes vocales et instrumentales, embrassant une étendue totale de deux octaves et une tierce mineure (de sot, r à sI3). La régularité et l'unité remarquables qui distinguent cette partie de l'échelle notée montrent que pendant un certain laps de temps, dont nous essayerons tantôt de déterminer la durée, elle constitua tout le système2. Toutefois, les deux modes d'écriture ne datent pas de la même époque. On ne peut douter que la notation attribuée par tous les écrivains à la musique instrumentale ne soit de beaucoup la plus ancienne, ce que démontrent son mécanisme plus original, plus logique et l'alphabet archaïque dont elle se compose.
La plupart des lettres instrumentales se rapportent à une des variétés de l'alphabet éolo-dorien, particulière au pays d'Argos et caractérisée par la double forme du lambdas. Quelques-unes seulement s'éloignent de ce type et montrent un dessin encore
r WESTPHAL, Afetrik, I, p. 323.
2 13 ELLERMANN, TOnleitern u. MUSanOten, p. 45 et suiv. — WESTPHAL, Mara, I, p. 389 et suiv.
3 LEHORMANT, dans le Dietimaire des antiquités grecques et romaines de MM. Daremberg et Saglio, à l'article Alphabet:lm.
HISTOIRE DE LA NOTATION. 425
plus primitif'. Ces signes ne nous ont été transmis que par les musicographes du temps de l'empire romain. Quoiqu'ils fussent déjà vieux d'un millier d'années, et qu'il s'y fût glissé sans doute quelques corruptions, on peut dire qu'en général la forme originale des lettres s'est conservée avec une étonnante fidélité.
A l'époque, relativement moderne, où l'on créa pour l'usage des voix une notation calquée sur la notation instrumentale, les seize triades étaient complètes. Si une lacune eût existé alors à un endroit quelconque de l'échelle des instruments, elle se trahirait sans aucun doute par une répétition ou par une irrégularité à l'endroit correspondant de l'alphabet vocal. Mais •Kellermann et Westphal sont incontestablement dans l'erreur, lorsqu'ils considèrent la notation instrumentale comme ayant été créée tout d'une pièce. En l'analysant attentivement, on s'aperçoit bientôt qu'avant d'arriver au degré d'élaboration où nous la montrent Alypius et ses contemporains, elle avait traversé au moins trois phases successives. Ainsi que Fortlage l'a remarqué avec justesse, à son état le plus ancien elle était purement diatonique et ne se composait que de lettres droites2. Une échelle originairement divisée par demi-tons n'aurait pas donné lieu à cette accumulation inutile d'homotones pour les sons ut et fa. Les signes retournés viennent en deuxième lieu par ordre de date; ils furent créés pour la transposition des modes; l'échelle générale devint chromatique, de diatonique qu'elle avait été jusque là. Enfin l'invention des signes couchés marque une troisième et dernière étape dans l'histoire des progrès de la sémiographie musicale; elle fut amenée par l'intercalation du diésis dans le tétracorde enharmonique.
L'échelle primitive figurée par la notation procédait donc diatoniquement de LA3 à soi, r. Si l'on fait abstraction du degré supérieur, désigné par la première lettre (M =A), et du degré inférieur, marqué par la dernière lettre (E = E), tous les sons distants d'une octave sont traduits par deux caractères successifs.
r Les formes étrangères à l'alphabet argien sont E (=B) n (-_-_,CL) et h (= I); la première et la troisième se rapprochent des formes corinthiennes. Le Z n'apparaît pas dans le tableau de M. Lenormant parmi les lettres argiennes.
2 Das musikaitsche System in seiner Urgestalt, p. 85 et suiv.
Notes
priat. es.
426 LIVRE IL — CHAI'. VI.
Tout indique en conséquence que la notation instrumentale fut imaginée pour un instrument du genre de la magadis, disposé pour exécuter des suites d'octaves.
-e-
Lettres
retournées.
Mais comment expliquer la succession bizarre des octaves, qui se produit lorsqu'on dispose les lettres primitives selon leur rang dans l'alphabet'? Selon moi, elle indique simplement l'ordre dans lequel les sons étaient accordés par l'instrumentiste.
En supposant le système primitif accordé à hauteur fixe, ce qui était inutile à une époque où le chant monodique était seul cultivé, il coïncidait avec l'échelle tonale dite plus tard hypolydienne. Mais, dès les débuts du chant choral, le besoin d'exécuter des modes différents à un même diapason amena la- modulation, et avec elle la création des lettres retournées. Au lieu d'avoir, comme par le passé, une échelle unique accordée à hauteur variable, l'instrument eut désormais une échelle variable, accordée à hauteur fixe. Chaque caractère alphabétique continua à rester attaché à la même corde; mais lorsqu'il était tracé à la manière des Sémites, de droite à gauche, il indiquait une élévation de demi-ton. Moyennant quatre cordes mobiles on put ainsi resserrer les trois modes principaux dans l'octave E — r (= MI3 —An 2); la doristi s'écrivit par les signes primitifs, la phrygisti eut deux lettres retournées, 'deux dièses; la lydisti en eut quatre; dans aucune des trois échelles le même signe ne paraissait sous sa double forme.
Tant que les Grecs en fait de signes secondaires n'eurent besoin que de ceux qui indiquaient l'élévation accidentelle des
Selon Westphal, la succession des octaves mi — mi, ut — Ill, sol — sol, la —la marquerait le rang et l'importance des espèces d'octaves (dorienne, lydienne, ionienne, éolienne). Mais, d'un autre côté, le célèbre philologue croit à la priorité des tons à bémols, désignés dans la terminologie usuelle par les noms de lydien (un bémol), phrygien (3 bémols) et dorien (5 bémols). Comment n'a-t-il pas vu que toute son explication porte à faux, si elle se fonde sur toute autre échelle que l'hypolydienne?.Au reste l'existence du siki (h K), qui ne figure dans aucun des trois tons susdits, est inexplicable dans son hypothèse. ,•
HISTOIRE DE LA NOTATION. 427
cordes primitives, chaque caractère alphabétique s'identifiait avec une corde déterminée de l'instrument. Il en fut autrement quand les termes dorien, phrygien et lydien furent appliqués à trois échelles fondamentales plus aiguës d'un demi-ton, et armées non plus de dièses, mais de bémols. La lettre retournée, au lieu de remplacer son caractère-type, dut exprimer maintenant l'abaissement ,de la lettre droite suivante, ce qui amenait chaque fois, d'un côté, la répétition d'un signe en deux positions différentes, de l'autre, l'élimination d'une lettre droite. Par suite de cette innovation, dont les causes nous sont inconnues, mais qui se rattache aux premiers développements de la lyrique chorale, l'échelle dorienne, auparavant la plus simple, devint la plus compliquée; elle se nota par cinq lettres retournées, la phrygienne par trois, la lydienne par un seul'.
. Les notes devinrent ainsi indépendantes des instruments par lesquels elles étaient rendues, et acquirent une signification générale, applicable même, selon toute probabilité, aux sons de la voix humaine. Les signes couchés furent inventés en vue des auloi, pour exprimer la mésopycne enharmonique. Nous avons indiqué plus haut comment on obtient le diésis sur les instruments à vent. Si, au lieu d'ouvrir en entier le trou qui donne un son quelconque, —fa par exemple — on l'ouvre à moitié seulement, il se produit un son plus grave d'une fraction de demi-ton. La lettre couchée fut donc envisagée comme une modification, non du caractère-type, mais de la lettre retournée. Désormais tous les demi-tons limités au grave par une lettre droite pouvaient se décomposer en deux intervalles; mais une telle division ne fut pas prévue pour le's demi-tons dont le son inférieur est une lettre retournée. Nous devons en conclure que les échelles à dièses avaient cessé d'être en usage; autrement on aurait aussi imaginé des signes pour exprimer leurs mésopycnes.
Les seize triades de la notation instrumentale se trouvant complétées par cette addition, il fut possible de noter non-seulement le diésis enharmonique, nouvellement introduit, mais tous les intervalles impairs en général, eclysis, ecbole, etc. En effet, dès
Voir plus haut, p. 242-245.
couchees.
42.8 LIVRE II. — CHAP. VI.
que l'on concède la réalité de l'emploi des genres et des nuances, on doit admettre aussi la possibilité de traduire ces différences par la notation. Or, il est remarquable que les notes usuelles suffisent à cela, du moment qu'on leur donne la valeur déterminée sur nos deux tableaux; et tout nous indique que telle dut être leur signification originaire'.
A rl D
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