Faire une Walking Bass

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85
Chefs de musique. 2
Directeur général. 4
TOTAL. 88 hommes.
Les Badois et les Espagnols s'étaient tout bonnement rangés autour de leur chef d'orchestre... Des innocents, les Badois et les Espagnols t... Les Prussiens, eux , ont formé un demi-cercle en face du jury, laissant à leur chef l'entière liberté de ses mouvements. Et Dieu sait s'il s'en donne du mouvement, Wieprecht P.', roi du cuivre prussien.
Au surplus, c'est un homme extrêmement habile et plein de verdeur, malgré ses soixante-six ans. Il est petit , trapu, point beau du tout, et ressemble à Arnal comme l'ascagne ressemble au hocheur. Son visage est enluminé autant qu'un feu de forge, et ses yeux brillent comme ceux d'un chat qu'on promène en bateau.
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE.
Après Mut, qui importe la laideur quand elle est éclairée par l'esprit? Le bàton à la main ; Arnal disparaît , et il ne reste plus qu'un chef d'orchestre animé de la divine flamme, et sachant la communiquer à tous ceux qui l'entourent.
Suivant les circonstances, il tourne sur lui-méme , semblable à une toupie hollandaise, parle à ses hommes, leur sourit, les excite par des jeux de physionomie, les magnétise, crispe ses doigts, comme s'il tenait Phannonie dans ses mains, se baisse brusquement et se lève progressivement pour indiquer les crescendo; que sais-je encore ce qu'il fait et ce qu'il ne fait pas, M. le directeur général des musiques prussiennes I
Un moment il a nagé, puis plongé , et n'a fait mine de revenir à fleur d'eau que pour sourire au jury.
Et quelle adresse à masquér les défauts de son orchestre !
Les baisses, qui dans ses deux musiques ne sont point parfaites, ont- elles un trait rapide à exécuter? il fait alors un signe, et la caisse roulante, à laquelle Weber n'avait nullement songé en ce moment, jette sur la lourdeur des instruments graves unvoile harmonieux, au travers duquel seules les oreilles très-exercées aperçoivent les péchés cachés et par cela même à moitié pardonnés.
Les solistes évidemment sont de modestes virtuoses. Aussi comme il veille sur eux
Il leur fait en quelque sorte un bourrelet d'harmonie pour qu'ils ne se fassent pas de bosses au front en tombant , et leur tend ses bras paternels au moindre faux pas.
En somme un rude gaillard, je vous l'assure , que ce Wieprecht, un véritable artiste, un chef prévoyant qui ne néglige rien pour assurer le succès; mieux encore, un diplomate musical ; quelque chose comme le Bismarli de la symphonie régimentaire. Et la Prusse avec de pareils hommes ne se rendrait pas prOmptement maîtresse de toute l'Allemagne? nous ne saurions l'admettre un seul instant.
La fantaisie sur le Prophète que M. Wieprecht nous a fait entendre est une composition magistrale. Si elle est de lui, qu'il en reçoive mes sincères compliments. Les motifs mis en oeuvre sont traités avec une ampleur de style tout à fait remarquable, et orchestrés de main de maitre. Par une combinaison ingénieuse, deux thèmes se produisent ensemble, et l'harmonie n'a point à souffrir de cet accouplement qui serait parfait, si le mouvement d'un des motifs ne se trouvait forcément dénaturé par les exigences de rhythme et de mesure de l'autre motif.
9.1e LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
Tai pu constater quelques passages équivoques des pistons, une qualité de Son qui n'est point irréprochable parmi les clarinettes, tant s'en faut, et un parti pris de mauvais goût à passer brusquement des farde. aime aux pianissimo; comme aussi à ralentir certaines phrases qui perdent ainsi leur caractère et une partie de leur effet. Meyerbeer me disait un jour qu'on ne phrasait bien qu'à Paris; je le crois; tant il est vrai que de toutes les qualités de l'esprit, le goût, qui est la faculté de sentir et de discerner les beautés et les défauts des productions de l'art , est, par excellence, le privilége des artistes parisiens. « Il y a dans Part, écrivait Labruyère, un point de perfection connue de bonté et de maturité dans la nature : celui qui le sent et qui l'aime e le goût parfait; celui qui ne le sent pas et qui aime en deçà ou au delà a le goût défectueux. D Si tant d'artistes trouvent le succès dans l'exagération du sentiment, c'est qu'il y a partout plus de gens de goût défectueux que de goût parfait , et que ces artistes eux-mimes manquent de goût.
lin résumé, les deux musiques fondues en un seul orchestre que M. Vieprecht a amenées de Berlin forment un ensemble superbe, d'eu effet irrésistible et très-nuancé de timbre, grâce â ses quatre hautbois et à ses six bassons, — un luxe d'instruments que ne peut se permettre aucune autre musique, pas même, nous le verrons bientôt, la musique autrichienne. — La vie circulait partout dans ce bel orchestre guerrier, et ses défauts mêmes imposaient un certain respect, car ils n'avaient rien de banal. Trois salves d'applaudissements ont salué la fantaisie sur le Prophète. Un triomphe complet.
On aurait pu désirer plus de poésie dans le son filé du cor, au début de l'ouverture d'Oberon par ces mêmes musiciens, et je place sur le compte de l'émotion le petit accroc survenu à la seconde reprise de ce même son filé, très-scabreux, il faut l'avouer, Je pourrais bien encore signaler quelques imperfections de détail, car j'ai tout noté au passage ; mais je préfère constater que dans les tutti, la musique prussienne s'est montrée, cette fois encore, à la hauteur de sa réputation *.
4, Un mois après cette séance, dans taqua° brillèrent (l'un éclat 811 moins aussi vit que celui de la musique prussienne, la musique autrichienne et celle de la garde do Paris, l'Art musical contenait les lignes suivantes dont nous no voudrions pas, pour rien au monde, priver nos lecteurs. Elles leur prouveront que la modestie sied eu talent, et quo N.Wieprecht est un bien timide Prussien, quand il parle do ses propres mérites. de cite l'Art musical, qui n'a point été démenti :
e Nous avons trouvé dans un journal allemand un récit du concours des musiques rd-
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 245
Le hasard qui avait placé les Prussiens après les Espagnols a placé les Autrichiens après les Prussiens. Quel enthousiasme dans toute la salle, à la vue des tuniques blanches! Ce n'est pas assez d'applaudir et de crier bravo, il faut encore que les dames agitent leurs mouchoirs, que les hommes mettent leurs chapeaux au bout de leur canne. Une pareille entrée était bien faite pour émotionner ces braves musiciens et les rassurer sur le résultat du concours. Le chef, M. Zimmermann, se montre, du reste, très-calme et contraste de la manière la plus remarquable avec le chef prussien, par son attitude à la fois ferme et modeste.
tains 2 Paris. Ce document curieux set da à la plume du directeur général des musiques milliaires prussiennes , M. Wiepreclit. Il nous a paru curieux d'en extraire quelques •ragments et do les reproduire ici dans toute leur vantarde naTveté. Ce serait les déflorer que de les accompagner de réflexions que d'ailleurs chacun peut faire à son goût. o
Tout do suite après la fin du concours, qui avait duré de une heure sept heures, un membre du jury, le consul prussien , M. B., me Pt connaître que nous avions obtenu le plus grand nombre de voix , l'unanimité (vingt voix), comme il fut prouvé dans la suite. Cependant , polir ne pas faire etc mal aux Français et aux Autrichiens, on s'empressa d'opérer un changement dans la répartition des récompensei et de partager le premier grand prix par voleur égale entre nous et messieurs les Français et les Autrichiens. Les Prussiens furent mis bien en avant des autres.....
. Les premières musiques avaient tourné les pavillons de leurs instruments du
&d du publie. Il en résultait un tel écho, qu'on entendait tous los sons cieux fois. Ln public impatienté se fâcha ; il criait sans discontinuer : u Au milieu, la musique 1 au milieu 1 e C'est dans ce tumulte, au milieu de cris et de bruit de toutes sortes, que se firent entendre les Badois et les Espagnols. Après, ce fut notre tour I A l'aspect des Prussiens, le silence se fit connue par enchantement, et c'est au brait des hourrahs et des cris de joie que je moulai sur l'estrade, saluant do tous côtés. Je pris place au milieu de mon orchestre, que je rangeai do kilo sorte que l'écho n'existât plus. Des tonnerres de bravos éclatèrent alors ; l'on demanda le silence. Je commençai par la fantaisie sur le Propliête. Elle fut maintes fois interrompue par des cris enthousiastes , et cela de telle façon , que je dus, à plusieurs reprises, faire arrêter, en attendant que le silence se rétablit. A peine avais-je terminé, peine le dernier son était•il évanoui, que tout le monde criait déjà : e Le premier prix aux Puissions I n
e Jamais on n'avait vu un pareil succès : je fus, amie mon orchestre, le lion
du jour ! car tout ce qui suivit ne pouvait produire aucun effet, et là aussi les dés étaient tombés pour la PruSse. Quand je descendis de l'estrade, je fus salué par des milliers d'acclamations, embrassé, presque étouffé. Les Prussiens devinrent, par suite, très-populaires, et même, comme je l'ai remarqué, aux dépens des autres nations. Aussi , j'eus bien soin d'enjoindre à mes hommes de se tenir dans les bernes de la plus grande modestie. e Quelle belle musique ! quelle intelligence ! ' Voilà ce qu'on entendait dire partout I le tue sentis alors récompensé suffisamment do mou zèle infatigable pour le plus grand bien de cette branche de l'art, car j'apporte avec moi la couronne de la victoire, et j'es• père quo Mes compatriotes seront contents de moi.
o A la fin du concours, le prix nous fut voté, comme je l'ai dit plus haut. On m'appelait déjà pour le recevoir, quand soudain il se fit une pause de trois quarts d'heure : le jury était rentré en séance. Il cherchait une autre solution, et colle qu'on trouva fut celle ci : décerner trois premiers prix, pour mettre un peu de baume sur les blessures des Français et des
Ces mate sont écrits en kande.
Petite flûte. 1 homme.
Grandes flûtes.
Clarinettes en la bémol. 2
Clarinettes en mi bémol. 4
Clarinettes en si bémol. 12
Bassons. 2
Ciel lofons. 2
Cors. 6
Baucis. 8
Cornets h pistons. 2
Bugles. 6
Bugles-basses. 3
Eufonions ou barytons. 3
Trompettes. 12
Trombones. 6
Petites caisses. 2
Grosse caisse. 1
Cymbales. 2 p.
TOTAL. 76 hommes.
On le voit, la musique autrichienne n'a pas de hautbois. Elle lesremplace tant bien que mal par de petites clarinettes eu ta bémol dont eu France nous n'avons jamais fait usage. Co que les Autrichiens appellent des cornets à pistons ne sont à proprement parler que des bugles sopranos ou contraltos.
Le nom de horn ne signifie pas toujours citez les Allemands l'instrument que nous appelons cor, et il s'applique dans certains cas à des bugles. Ils disent aussi tualdhorn (cor de bois) pour désigner le cor
Autrichiens (tg). Enfin , vint le général Mellinet , président du jury, pour nommer lm lauréats. Avant môme qu'il eût pu dire un mot, tout le monde cria : a A Wiepreeht le pre. mier prix. n Mais les choses demourteent comme il avait ét6 convenu ' et c'est ainsi que nous dûmes partager avec les Autrichiens et les Français I Moulinet me demanda si j'étais satisfait. Que pouvais-je répondre, sinon oui ?Car je dois aussi reconnaître la bonne exécution des musiques de ces deux grandes nations. Les différences entre les trois portent , chei los Autrichiens, sur réducation musicale • chez les Français, sur la virtuosité ; par centre nous, Prussiens, il faut reconnaître l'éducation, l'intelligence et la science réunies.......
Est-co assez joli:? Et dire qu'il y a quarante millions de bourgeois prussiens qui ne jurent que par M. Wieprecht. Braves gens, croyez ce que vous voudrez, mais faites la part du proverbe : A beau— raconter qui trient de loin! Après tout, il y a dos juges à Berlin I
LA MUSIQUE; LES MLISICIENE
Le silence s'établit et les premières notes de l'ouverture de Guillaume Tell se font entendre.
Mais, avant d'écouter,, examinons la composition de l'orchestre.
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 217
d'harmonie. Qu'est-cc qu'un elariofon , si ce n'est un contre-basson ? Depuis longtemps les facteurs allemands n'ont guère inventé que des noms nouveaux appliqués à des instruments connus auxquels ils apportaient une modification insignifiante dans la forme. Mais quelle richesse de noms I pboneion, cornoon, cornons, barislon, etc., tontaine et tonton, I Mais les illusions des facteurs de l'Allemagne ne doivent pas nous empêcher de rendre bonne justice à ce qui nous parait bien, et nous avons laissé la remarquable musique autrichienne au moment où son chef très-sympathique va donner le signal pour l'exécution de l'ouverture de Guillaume Tell.
L'arrangement, pour la musique militaire, de cette ouverture est noble et d'un effet nouveau , souvent.. C'est on bugle qui remplace le cor anglais de l'orchestre de Rossini, et l'artiste qui en joue est un musicien de goût. Il y a bien eu quelques notes douteuses dans son chant, et le trille aurait pu être fait avec plus de régularité et mieux martelé ; mais que sont ces petites taches dans l'orchestre, puisque le soleil lui-même présente des cavernes obscures dont la moindre équivaut , d'après les savants, à plusieurs fois le volume de notre globe terrestre. Ce qu'il faut dire, et dire bien haut, c'est qu'il n'existe nulle part un corps de musique en état de jouer d'une manière plus distinguée, plus hardie et plus heureuse cette ouverture, tant de fois répétée depuis l'apparition de Guillaume Tell, et qui a produit, ce jour-là, un effet électrique. On eût dit qu'on l'entendait pour la première fois.
Avec de semblables éléments on peut tout exécuter bien, et les musiciens du régiment du due de Wurtemberg ont enlevé le morceau imposé comme ils avaient joué leur morceau de choix.
Couverts d'applaudissements, mais toujours calmes dans leur triomphe, ils ont quitté l'estrade pour la céder aux grenadiers belges.
On se tromperait grandement si on attribuait le succès des Autrichiens à la diversité de leurs instruments. En résumé, et, comme l'a très- bien fait observer un critique aussi indévndant qu'éclairé, M. Weber, la diversité des timbres dans cette musiqu, se réduit à six : flûtes, clarinettes, bassons (et de quel effet peuvent être deux bassons et deux contre-bassons dans un pareil ensemble ? ), bugles, cors, trompettes et trombones. Quand des journalistes français ont pris texte du succès de la musique autrichienne pour accabler de leur mépris nos fabriques nationales d'instruments, ces journalistes ont parlé comme parlent tant de gens, sans savoir ce qu'ils disaient En fait et de l'avis de tous les
24$ LA MUSIQUE, LES VUSICIBNS
hommes compétents, la composition de nos musiques n'a rien à envier à aucune musique étrangère. Nous avons d'exàellents instruments, des bugles et des cors eupérieurs à tous ceux qu'on nous a fait entendre clans ce mémorable concours ; nous avons des hautbois de premier ordre, des cornets à trois pistons et aussi à six pistons indépendants, des trombones du mémo système, des saxotrombas et des saxophones. Où donc a-t-on pu trouver de la monotonie dans nos musiques françaises? Il serait vraiment temps que les gens qui jugent de la musique dans notre belle patrie apprissent à la connaître, ne fut-ce que superfi• ciellement, pour s'épargner le désagrément de dire souvent autant de sottises que de mots.
Le sort a mal servi les Belges, nos voisins, iz savez-vous?» car, venant après les Autrichiens, c'est par un pot-pourri sur ce même Guillaume Tell qu'ils débutent. Ils sont fort jolis et fort beaux les airs de cet opéra, mais tout le monde les sait par coeur, et il faut autre chose que ce collier de mélodies, à peine reliées entre elles par un fil harmonique, pour se mesurer dans un semblable carrousel.
En vérité, on a fait peu de chose pour favoriser l'habileté d'une mu-
sique militaire, quand on s'est borné à lui faire jouer à la queue-leu-leu
des thèmes connus sans aucun intérêt d'arrangement, et pendant près de quarante minutes.
Ceci soit dit sans préjudice du talent des exécutants et de son chef, M. Bender. Ajoutons que ['ouverture d'Oberon a été exécutée par ce corps de musique d'une manière satisfaisante. On remarquera dans le tableau suivant de sa composition instrumentale trois coutre-basses à cordes. Cet instrument n'est guère à sa place dans une musique militaire, Mon aurait tout avantage à le supprimer.
Flûtes. 2 hommes.
Hautbois.
Petites clarinettes. n
Clarinettes si bémol. 46
Saxophones. 4
Bassons. 4
Cors. 5
Bugles si bémol.
Pistons.
Trompettes. 4
Trombones, 4
Tubas si bémol. 4
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 249
Saxhorn mi, bémol.
Bombardons. 2
Contrebasses. 3
Cymbale. 1
Grdtse caisse. 1
TOTAL. 59
Officier commandant. 1
Chef de musique. 1
Sous•officier conducteur. 1
. TO'PAI.. 62 hommes.
Nous voici en Bavière avec le far régiment royal d'infanterie.
Petite flûte. t homme.
Grandes flûtes.
Clarinettes en mi bémol. 4
1re. Clarinettes en si bémol. 3
2- Clarinettes en si bémol. 3
3mea Clarinettes en si bémol. 4
Clarinette basse en si bémol.
Basson.
Bugles. 3
Cors-altos.
Cors. 5
Cornets S pistons. 3
Trompettes en fa. 2
2me8 Trompettes en fa. 3
Trompettes basses. 3
Trombones ténors. 2
Trombone basse. 1
Baryton.
Bombardons. 3
Timbales. 1
Tambour. 1
Cymbales.
Grosse caisse. 1
TOTAL. 31 hommes.
Excellent pays celui qui fournit les bons musiciens que voilà, la bière que vous savez, et les bavaroises au chocolat. En outre, ce sont de beaux hommes, messieurs les Bavarois, portant agréablement, quoi-
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220 LA musli: el?, LES MUSICIENS
qu'un peu lourdement, leur tunique bleue, leur pantalon blanc et leur casque antique, qu'ils ont la sage précaution de mettre à leurs pieds pendant l'exécution musicale.
Ils jouent l'introduction et choeur nuptial de Lohengrin avec d'excellentes qualités, mais, soyons franc, sans le souffle poétique qui dort animer l'exécution de cette belle page de Wagner. C'est bien, ce n'est pas très-bien, et, en musique du moins, le mieux n'est pas l'ennemi du bien.
L'introduction d'Oberon. est satisfaisante. L'allegro débute hardiment, mais le solo de clarinette qui vient ensuite manque un peu de charme. D'un autre côté, pourquoi ces rallentendo où personne n'en fit jamais, je le demande à M. Siebenkaes ?
On applaudit la Bavière, et on a grandement raison. Pourtant j'ai la certitude qu'elle a été au-dessous d'elle-même en cette occasion. Dam c'est qu'un concours de cette force, cela émotionne I Sans compter le voisinage des Prussiens!!!
Salut au Pays-Bas, dans la personne des grenadiers et des chasseurs, dans celle de M, Dunkler, 1" lieutenant directeur, et de M. Volimar leur chef de musique. Cet orchestre régimentaire jouit en Europe d'une réputation méritée, et M. Dunkler se pique d'offrir un modèle d'organisation. Examinons :
1 homme.
Hautbois.
Petites clarinettes. 2
Grandes clarinettes. 10
Saxophones. 4
Bassons. 2
Contre-basses à cordes. 3
Pistons. 2
Trompettes. 4
Trombones, 3
Bugles en si bémol. 1
Cors à cylindres. 4
Saxo Tromba. 2
Saxhorns en ut basses. 2
Saxhorns en si bémol basses. 2
Saxhorns en mi bémol basses. 4
Tuba contre-basses. 1
Timbales.
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. tel
Tambours. 2 hommes.
Cymbales.
Grosse caisse.
TOTAL. 52 hommes.
Le chiffre réglementaire est de 58.
Eh bien I une semblable organisation ne me satisfait pas entièrement. Quand on a quatre saxophones, pourquoi deux bassons? Je ne vois pas non plus l'indispensabilité de ees trois contre-basses à cordes, d'un embarras si grand toutes les fois qu'il faut voyager. Je trouve aussi que l'équilibre pourrait être mieux établi entre les instruments hauts et les instruments graves. Le haut est maigre et un peu criard par rapport au grave qui me semble relativement lourd. Ai-je raison ? aisje tort ? Je dis ce que je pense, voilà tout.
Quoi qu'il en soit, je me plais à reconnaître le bel ensemble de celte musique, et j'adresse à M. Dunkler tous mes compliments pour son arrangement de Faust. Ce directeur de musique est un des musiciens de l'armée les plus recommandables d'Europe , et il est aussi habile la plume du compositeur à la main , que le bâton du chef d'orchestre dans les doigts. Qu'il dise seulement à son saxophone solo de ne pas respirer au milieu des phrases finales. C'est là moins un effet musical qu'un effet de guillotine, et on n'estpas sanguinaire, Dieu merci, dans les Pays-Bas. L'orchestration de l'ouverture d'Oberon appartient aussi à M. Dunkler, et elle est très-savamment écrite. On ne saurait en mieux faire ressortir tous les détails en les appropriant aux exigences de la musique régimentaire. Les musiciens hollandais l'ont bien exécutée, quoiqu'un peu matériellement dans l'allegro. On voit que je ne veux rien dissimuler, et ces légères critiques mêmes sont une preuve de l'intéret que m'inspire ce corps de musique et l'estime dans laquelle je le tiens.
En somme, l'impression a été excellente chez le jury comme parmi les auditeurs, et je me fais un bien doux devoir de constater qu'une seule voix, sur tant de votants, a manqué à la musique de M. Dunkler pour figurer sur la liste des seconds prix. N'est-ce pas comme si elle avait mérité ce prix?
Si vous êtes Français et un peu chauvin, comme c'est tout naturel, soyez ému. J'aperçois Paulus à la tête des siens. Beau costume que celui de la garde de Paris !... Mais l'habit ne fait pas plus le musicien qu'il ne
LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
fait le moine. Comptons les artistes, examinons leurs instruments, nous écouterons après.
Flûtes. 3 hommes.
Hautbois. 2
Petites clarinettes. 4
Grandes clarinettes 8
Saxophones. 8
Pistons. 4
Trompettes. 3
Cors. 9
Trombones. 5
Saxhorn soprano.
Saxhorns contraltos. 2
Saxhorns altos.
Saxhorns barytons. 2
Saxhorns bassesà 4 cylindres.
Saxhorns contre-basses mi bémol. 9
Saxhorns contre-basses si bémol. 2
Batterie. 4
TOTAL. 60 hommes.
Pour le coup, nous sommes en présence d'un orchestre de premier ordre, qui s'impose franchement et commande le respect. Quelle belle sonorité artistique, c'est-à-dire sans bruitt quel style magistrale quelle précision dans l'attaque et quel étonnant crescendo!... Plus ces musiciens avancent clans l'exécution du ehceur et marche des Fiançailles, supérieurement arrangés par Paulus, plus ils fortifient en nous les premières impressions qu'ils ont fait mare. Aucune faiblesse nulle part. C'est superbe, et aux derniers accords se mêlent les acclamations de toute la salle. Les étrangers sont ceux qui applaudissent le plus fort. Toutes les théories et les arguties pour essayer de placer nos instruments et. nos musiciens au second plan échouent devant ce fait musical qui crèverait les oreilles s'il était moins harmonieux. C'est le goût français, c'est-à-dire le bon goût dégagé de tout le clinquant qui peut séduire le vulgaire, mais dont nous ne voulons pas.
Si je ne nie suis pas trompé, M. Paulus a transposé l'ouverture d'Oberon en u/. Elle est écrite en ré par Weber, et les musiques étrangères l'ont toutes mises en mi bémol. Pourquoi cette transposition un ton au-dessus et qui donne à l'allégro un caractère sourd et voilé qu'elle ne doit pas avoir? Est-ce pour ne pas interrompre la marche du trait de violon que les clarinettes sont forcées, dans le ton de mi bémol,
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 253
d'exécuter en reenant sur les notes jouées? Quoi qu'il en soit, on applaudit l'arrangement autant que l'exécution et les instruments. Pour ma part, je constate' en passant le son distingué, hors ligne môme, de nos clarinettes dans ce même trait rapide et si brillant.
Eh bien 1 disons-le une fois encore, ce bel orchestre d'harmonie régimentaire a trouvé des détracteurs parmi certains critiques français qui ont cru montrer l'indépendance de leuresprit en le trouvant monotone, sans éclat, presque antimusical, à côté de l'orchestre autrichien qu'ils donnaient comme un modèle, un type dont nous nous éloignons tous les jours, une perfection par le choix et la proportion des timbres. Qu'ontils voulu dire, ces critiques trop ennemis de tout ee qui porte un nom français? L'un d'eux surtout, écrivain parfois amusant , et qui s'est fait une réputation en déclarant Meyerbeer un compositeur sans idée, lialevy un impuissant, Berlioz un cauchemar sonore, 'et Gounod un endormeur pénible ; ce critique, dis-je, s'est livré clans-les douze colonnes de son feuilleton musical à un éreintement en règle de nos musiques françaises, qu'il trouve appauvries par l'abus des instruments à pistons. Il a cru, ce malin naïf, que ce sont les pistons qui donnent aux instruments leur timbre, et il cite la musique autrichienne si riche en timbres variés.
. C'est se montrer par trop ignorant de la matière qu'on prétend juger en juge infaillible. « Savez-vous bien, lui répond Weber, que pour la variété des timbres, la musique autrichienne est la plus pauvre de toutes celles qui ont pris part au concours? Savez-vous que c'est celle où la proportion des instruments en cuivre contre les instruments en bois est la plus forte, onze contre six, presque le double, tandis que dans la musique de la garde de Paris, elle n'est que six contre cinq, et dans la musique des guides, un peu plus faible encore ? Savez-vous que tous les instruments en cuivre autrichiens sont munis de pistons, de ces affreux pistons qui vous font tant horreur ? Savez-vous enfin que même la proportion des différents instruments entre eux est radicalement vicieuse? Oh 1 la fameuse rentrée des trompettes dans l'ouverture de Guillaume Tell, quelle admiration!
« Assurément, après le solo de cor anglais, joué par un très-mauvais bugle, ces trompettes ont paru superbes; seulement, elles étaient toutes à pistons, ce qui n'a empêché personne d'entendre que c'étaient bien des trompettes, et, elles, étaient au nombre de douze. Ce chiffre respectable n'a rien d'extraordinaire:, depuis plus de vingt-cinq ans les musiques militaires autrichiennes ont chacune huit, dix et même douze
tai • LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
trompettes. Dans la marche de Tannhauser, outre trois trompettes à pistous dans l'orchestre, il doit y avoir douze trompettes dans les coulisses. Allez donc chercher ces quinze trompettes dans un théâtre français !
Le spirituel critique, ennemi de Meyerbeer, de Berlioz, d'Halevy, de Gounod et un peu de lui-même , quand il parle aussi légèrement, ne cherchera point ces trompettes et n'en continuera pas moins à condamner l'organisation de nos musiques militaires, comme appauvries par l'abus des instruments de cuivre munis de pistons. Pas un mot de plus, ou il fera disparattre les pistons de la surface du globe, comme il a fait disparaitre depuis longtemps les oeuvres de Meyerbeer, d'Halevy, de Berlioz et de Gounod, tombées, grâce à son intervention, dans le mépris public, comme chacun sait. Ah! mais!... Donc, soyons prudent, dans l'intérêt des pistons menacés; ne contrarions pas trop cet Ans- targue nerveux, et revenons bien vite au concours.
La France a fait place à la Russie, et on ne peut s'empêcher d'admirer de nouveau ces chevaliers-gardes avec leur tunique blanc et orange et leurs casques gigantesques sur lesquels plane l'aigle russe en argent. Pour se rendre à Paris, ces braves chevaliers-gardes ont fait, sous la conduite du colonel Tolmatscheff, sept jours de voyage et dépensé 15,000 francs. On leur sait gré de ce sacrifice de temps et d'argent, et l'accueil qu'ils reçoivent est des plus sympathiques. Leur chef, M. Dcerfeld, a toute la distinction des Russes de distinction, ce qui n'est pas peu dire, et il parle notre langue comme un pensionnaire de la Comédie- Française.
Les musiciens de Saint-Pétersbourg ôtent leurs casques pour jouer, et ils les rangent symétriquement à leurs pieds. Ce sont des militaires, au même titre que tous les autres soldats du czar , et qui ne reçoivent pour tout bénéfice que 90 francs par an. Quand tout renchérit partout en Europe, il est consolant de voir que les artistes nationaux se maintiennent à des prix si merveilleusement modérés dans l'empire du Nord. La plupart des musiciens que nous allons entendre ne savaient pas une note de musique avant d'entrer au régiment, et ils ne pouvaient pas se douter qu'ils joueraient jamais d'aucun instrument. On a dit à ceux- là g Vous serez clarinettistes s ; à ceux-ci : a Vous soufflerez dans un trombone, et ils sont devenus clarinettistes, et ils ont soufflé dans des trombones, comme ils'auraient fait toute autre chose, en l'honneur du czar , leur empereur et leur pape.
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 925
Passons en revue les musiciens et leurs instruments.
Clarinettes en mi bémol, 2 hommes.
Clarinettes en si bémol. 15
Basset en fa. 1
Glarinett€ basse en si bémol.
Petite flûte.
Grande flûte,
Hautbois. 2
Cor anglais.
Bassons. 2
Contre-basson.
Saxophone soprano.
Saxophones altos. 2
Saxophones ténors. 2
Saxophones barytons. 3
Cornets à pistons si bémol. 2
Trompettes en mi bémol. 8
Cors. 8
Barytons si bémol. 2
Trombones altos, ténors, basses. 6
Basses en mi bémol. 3
Basses en si bémol grave. 3
Tambour.
Triangle.
Grosse caisse.
TOTAL. 70 hommes.
C'est par une fantaisie sur des airs nationaux que débutent les chevaliers—gardes. Ces airs ont un caractère triste et poétique qui émeut agréablement, et que les Russes rendent plus tristes encore et plus poétiques en faisant trembler le son de l'instrument. Je ne m'étendrai pas davantage sur la musique russe, qui a été pour moi le sujet d'un travail développé dans un volume publié chez Pagnerre, il y a quelques années, déjà, sous le titre de Musique el Musiciens ; je dirai seulement que les chevaliers-gardes étaient là, dans leur élément, pour ainsi dire, et qu'ils ont charmé tous les auditeurs.
L'ouverture d'Oberon est bien comprise par ces soldats artistes. Ils vont ensemble supérieurement, ils atteignent à l'effet souvent et possèdent un bon mécanisme. Je remarque que c'est le hautbois qui exécute le premier solo de clarinette. Pourquoi ce changement? Il est vrai qu'à
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la seconde reprise de ce -motif ta clarinette reprend ses droits qu'elle n'aurait jamais dû perdre.
Les dernières notes de l'ouverture jouées, les musiciens, applaudis à outrance, ramassent par mouvements comptés leurs casques symétriquement rangés, et l'estrade est occupée par les Guides de la garde impériale : chef, M. Cressonnois.
C'est la dernière musique qui doit se faire entendre.
Six heures viennent de sonner, et depuis onze heures et demie ces musiciens sont dans la salle attendant leur tour, énervés par la chaleur et la fatigue. Faute de bancs pour s'asseoir, ils se sont tenus debout durant plusieurs heures. C'est dans de semblables conditions qu'ils vont jouer, quoi? des tours de force de virtuoses, une fantaisie presque impossible sur le Carnaval de Venise. Autant vaudrait faire danser un ballet composé pour Taglioni par des gens qui viendraient de franchir une étape de dix lieues dans les Landes.
En lui-même, cet arrangement du Carnaval de Venise, dû à la plume habile de M. Colin, grand prix de Rome et professeur de hautbois au Conservatoire, est certainement un fort joli morceau de concert, très- brillant et bien fait pour soulever les applaudissements après chaque variation; mais, exécuté dans un local aussi démesurément vaste, devant un public aussi prodigieusement nombreux, en face d'un jury international, grave, solennel, comme le commandait ses fonctions, et qui, en définitive, avait à juger de la valeur des musiques régimentaires, lesquelles doivent avant tout fournir de beaux ensembles, le choix de cette pièce était une faute grave, fatale. Le cadre commande à la toile, et on ne parle pas à vingt personnes comme on parle au peuple assemblé. Il fallait une musique sonore, forte, grave, magistrale pour cette réunion sans pareille ; il ne fallait point de virtuosité. Le joli, le riant, le délicat, l'ingénieux sont faits pour le petit comité. Parce qu'on avaitdes solistes remarqua bles,et dont on no trouverait pas les pareils en choisissant dans tous les corps de musique étrangers, ce n'était pas une raison
r. pour leur sacrifier l'effet général. Ne soyons donc pas trop surpris que ce groupe d'élite ait succombé en cette occasion, lui que le triomphe avait toujours accompagné partout'.
Quand je dis succomber, je veux dire que le premier prix leur a
t. Sax, à qui appartient l'initiative de tant d'heureuses idées, avait eu le projet de faire entendre à Londres la musique du 9a dragons, formée, comme on sait, d'après l'organisation et avec les instruments de l'inventeur. Cette musiquemodèle, qui depuis plusieurs amides
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échappé : car, à moitié morts, ils eussent encore joué de manière à mériter le second.
Avec toute autre composition, avec Veuverture, par exemple, du Carnaval romain de Berlioz, si belle et si difficile, et que les Guides exécutaient comme on ne la jouerait pas mieux à l'Opéra, ils eussent remporté le premier prix. Ils ne l'ont pas eu, ce prix : qu'est—ce que cela prouve? une chose, c'est que les meilleures troupes et les mieux commandées, de même que les meilleurs musiciens et les plus habilement dirigés, peuvent un jour perdre leur avantage sur le champ de Bellone comme sur celui d'Apollon, pour parler le langage des poètes de siècle dernier.
,tu surplus, les Guides ont pris leur revanche dans l'ouverture d'Oberon qu'ils ont exécutée avec leur supériorité habituelle. Il ne leur a manqué pour ce dernier morceau qu'une verve moins contenue, plus en rapport avec le local, c'est—à—dire plus grossière, plus brutale et moins artistique.
Vous savez de quels artistes était formée cette musique des Guides de la garde impériale, si bien dirigée par M. Cressonnois. Jetez un coup d'oeil sur la composition instrumentale, et dites-moi s'il n'est pas dommage qu'un tel corps d'harmonie n'ait pu résister au décret désastreux et tout récent qui e supprimé nos musiques de cavalerie et d'artillerie !
était l'honneur de nos grandes fêtes nationales, n'aurait pas manqué de produire un grand effet dans le vaste Palais de Cristal, en nous relevant de l'espèce d'infériorité dans laquelle cette partie de l'art est restée si longtemps on Franco. Certes; la musique du 9a dragons potinait lutter avec avantage contre les musique2 militaires les plus renommées de Prusse nt d'Autriche.
Sax rédigea une demande au ministre de la guerre, demande qui fut chaudement appuyée par M. Dupin, président de la commission française des récompenses à l'exposition de Londres. Les difficultés auxquelles cette demande donna lieu dans los bureaux du ministère de la guerre empêchèrent ce projet de recevoir son exécution.
L'autorisation qu'on avait refusée pour la musique du 9a dragons, on devait plus tard l'accorder à la musique des Guides, formée également d'après l'organisation et avec les instruments do l'inventeur. Cette belle musique, sous l'habile direction de M, Mohr, se rouditl Londres avec Cl. le humide Verdière, capitaine d'état—major, et 9f. le baron Vidil, officier du même corps.
Le succès qui accueillit à Londres nos soldats musiciens fut un succès d'enthousiasme. Le musique des Guides joua chez la reine, et un spéculateur anglais offrit une somme considérable, 100,000 fr., je crois, pour avoir le droit de donner avec la musique•des Guides en grand costume, un concert payant au Palais de Cristal. dette proposition ne fut pas acceptée.
LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
MUSIQUE, AUJOURD'HUI DISSOUTE, DES GUIDES.. DE LA GARDE IMPÉRIAL
Petites flUtes. 2 hommes.





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